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Dimanche 7 janvier 2007

Le retour du printemps

 

Que l'on soit noir, jaune ou blanc, Rouge est toujours la couleur de notre sang.

Que l'on soit Juif, chrétien ou musulman, Rouge est toujours la couleur de notre sang.

COMMENT COMPRENDRE LA GUERRE ?

TOUJOURS PLUS FACILE DE DETRUIRE QUE DE CONSTRUIRE ? POURQUOI ?

Le visage de cette femme montrait toute la vacuité de son existence. Elle était assise sur un banc naturel, fait d'un tronc d'arbre arraché par la foudre voulue, décidée et déclenchée par l'homme. Dans le creux de ses rides, on lisait toute l'érosion d'un monde sur le déclin. Autour d'elle, paysage lunaire victime d'un cataclysme tel que l'humanité ne pouvait en avoir connu. C'est en tout cas ce que devait penser cette femme, les larmes sèches à force d'avoir trop coulé.

Je n'étais qu'un témoin, venu de loin, pour une courte période. Je n'allais pas rester. Il me fallait repartir. Diplomate en mission, j'étais ce qu'on appelle un observateur, qui, observation faite, repartirait dans une ville à quelques heures d'avion. Je repartirai bientôt dans une de ces capitales occidentales où les femmes sont belles et attirantes à la terrasse des cafés, où les théâtres sont complets chaque soir pour le plaisir des spectateurs, où la télé passe et repasse des scènes de violences dans des films et des séries ineptes.

Mais elle, cette femme, spectatrice d'une violence qui n'avait rien de virtuel, cette femme, au regard si bleu, à la bouche tremblante, aux mains sales, aux cheveux gris avant l'âge, où irait-elle sinon vers un au-delà incertain ? Car, Dieu, ce Dieu, si seulement il existait, ne permettrait pas cela. Ses yeux étaient baissés vers la boue crasseuse. Elle était comme incapable de les lever vers le ciel. Dans sa main, il y avait une croix qui se balançait, poussée par le vent, au bout d'un chapelet de perles de buis. Objet de tant de prières, de tous les instants de sa vie. Objet devenu inutile. Dieu était mort dix jours auparavant, lorsque les canons et les armes avaient craché le fer, l'acier, la poudre et bien sûr, la mort, la misère et la destruction. Terre brûlée. Stratégie militaire pour annihiler l'espoir d'une vie qu'elle aurait tant voulu remplir de paix et d'amour. De temps à autre, elle levait les yeux pour regarder vers le sud. Direction où elle avait rêvé d'aller avec celui qu'elle avait enterré le matin, là bas à côté du grand chêne sans feuilles dans la clairière où fleurissaient du muguet bleu et des jonquilles, avant, quand il y avait encore des printemps.

DES LARMES D'EAU AMERE...

Ses larmes éruptèrent soudain avec une violence inouïe et remplirent ses joues creuses d'une eau salée et amère, comme celle qui remplissait les flaques autour d'elle ; une eau verdâtre à l'odeur âcre. Sous son manteau gris comme la couleur de sol et du ciel qui semblaient s'être mélangés dans la tourmente, elle cachait quelque chose, un objet, un être. Il était impossible de voir ce qu'elle tenait sous son manteau gris comme la couleur du sol et de la terre qui semblaient s'être mélangés dans la tourmente. Que tenait-elle ? Peut être le dernier souvenir d'une vie jadis heureuse. Mais soudain, une frayeur m'envahit. Et, si cette femme cachait un enfant, un petit d'homme, à supposer que cette espèce animale existât encore. Et, si cet enfant avait besoin de je ne sais quoi. Des questions me hantaient. De quoi peut bien avoir besoin un enfant ? Je n'en savais rien. Manger sans doute. Boire assurément. Etre soigné bien sûr. Etre aimé surtout.

Si cette femme cachait un enfant sous son manteau gris comme la couleur du sol et de la terre qui semblaient s'être mélangés dans la tourmente, et malgré l'amour qu'elle lui portait, je devais lui venir en aide. Hébétée, fatiguée, avait-elle encore conscience des besoins naturels de cet être blotti contre elle ? Il ne pouvait pas s'agir d'un objet. Je ne savais pourquoi. Mais sans le voir, je sentais qu'elle protégeait le fruit de son ventre, le fruit d'un Amour qui aurait dû être éternel. Mais comme l'éternité avait semble t-il disparu, il ne lui restait que ce petit bout de chair, né il y a peut-être quelques semaines, quelques jours voire quelques heures. Non. Tout cela devait être le fruit de mon imagination. Ce n'était pas possible. Je devais m'approcher. 

Ca commence toujours comme ça.

Une ambition sur le territoire de l'un. Des velléités séparatistes pour un autre. Des conflits de clans, d'ethnies, de religions. Un chef charismatique dans chaque camp. Des siècles de conflits refoulés qui réapparaissent dans toute leur violence et leur brutalité. Et, il suffit d'une étincelle, d'un rien, d'une anicroche de l'histoire, d'une virgule dans le temps pour que tout bascule. Le pouvoir d'un côté et de l'autre, qui n'a de démocratique que l'adjectif qualificatif qui le suit, utilise cet incident, pour déclencher une montée en puissance des mesures de sécurité : limitation des libertés individuelles de déplacement, de réunion, d'expression, mobilisation de l'armée, des forces de police, mobilisation des réservistes, mobilisation générale, premiers échanges à la frontière généralement provoqués et enfin la guerre.

La guerre ne vient pas des peuples. La guerre ne peut venir des peuples. De tous les peuples que j'ai vus à travers le monde, et j'en ai vus beaucoup, je n'ai vu que des victimes qui n'aspiraient qu'à vivre en paix. La guerre frappe les faibles en premier, obligés de fuire sur des chemins boueux ou trop secs, marchant des journées et des nuits entières dans la moiteur des forêts tropicales ou dans le froid brutal des hivers septentrionaux, marchant aussi en quête d'eau et de nourriture qui, quelque soit l'hémisphère ou le continent, finit toujours par manquer en période de guerre. Tranhumance humaine poussée par la haîne et la barbarie, déplaçant des foules et allant je ne sais où. Caravanes de milliers de souffrances individuelles. Silhouettes formant un fleuve dont on ne connaît ni la source, ni la destination finale. Tortures spirituelles et émotionnelles de laisser derrière soi la misère de son existence passée pour sombrer dans l'antre d'un monde inconnu. L'angoisse appelle l'angoisse.

La guerre ne vient pas des peuples.

Elle ne peut venir de ces hommes, de ces femmes amaigris, fatigués, et de ces enfants aux ventres ronds, bouffés par les miasmes et les parasites. La guerre rend à l'homme la brutalité primaire de son animalité. Le plus fort souffre et survit. Le plus faible souffre et meurt. La justice devient binaire et l'injustice plurielle. D'où vient la guerre ? Les mystiques parleront de malédiction. Les fatalistes diront qu'elle est inéluctable. Les pessimistes affirmeront que la guerre engloûtira le monde. Les optimistes se tromperont en sous-estimant ses effets et en prédisant une guerre propre sans victimes. Les nations en paix garderont bonne conscience en envoyant des types comme moi, désarmés devant tant de violence, pour observer et faire des rapports.

La guerre vient de tout et de rien à la fois. Le tout, c'est le toujours plus, toujours plus de pouvoir, toujours plus de territoire, toujours plus de richesse, toujours plus d'influence. Le rien, c'est l'impéritie des uns, le non faire des autres, l'inaction ou le manque de vigilance du plus grand nombre. Elle vient aussi de ces soit-disants chefs d'Etat, qui, un, ne savent plus dialoguer entre eux, et, deux, veulent ce qui appartient aux autres. Influence, richesses ou territoires, peu importe pourvu que leur mégalomanie l'emporte. Il n'était pas donc étonnant dans ces conditions que la guerre frappât un jour, ce pays dans lequel je me trouvais. D'ailleurs, partout où j'allais, il y avait la guerre. Sans doute parce qu'on n'avait pas besoin de moi ailleurs. Et, j'en avais connu des guerres.

Contrairement à certains, je ne pouvais pas m'habituer aux images de désolation, à la mort horrible, aux corps mutilés, déchiquetés, aux charniers de centaines de corps qui avaient sans doute été des hommes avant de devenir ce qu'ils étaient au moment où je les avait vus. Des minéraux, corps figés à jamais dans les glaces d'un hiver sans fin ; des liquides, corps putréfiés dégoulinants de sang et d'organes ; des gaz, squelettes décharnés et creux, recouverts de lambeaux de tissus multicolores d'où se dégageaient les âmes en autant de feufolets. Parfois, la nuit et, même en plein jour, il m'arrivait de faire des cauchemars encore plus terribles que ce que je voyais dans la réalité. Je me voyais marcher sur le sol d'une planète, la terre sans doute. A chaque pas, mon pied s'enfonçait à travers la croute terrestre devenue fragile comme du papier. J'étais terrifié à l'idée de plonger vers le centre de cette sphère, de mourir, de disparaître de la surface d'un monde qui bientôt n'existerait plus de toute façon. Comment peut-on imaginer chez un être aussi développé que l'homme qu'il puisse y avoir cette espèce de génie qui le pousse à trouver des méthodes, des moyens et des instruments pour semer la souffrance chez les autres, ceux qui ne sont pas pareils, ceux qui habitent de l'autre côté de la frontière, ceux qui ne vivent pas la même foi, qu'ils soient juifs, musulmans, catholiques ou protestants, ceux qui n'ont pas la même couleur, ceux dont on a peur, dont on veut le pouvoir ou la terre.

Que l'on soit noir, jaune ou blanc, Rouge est toujours la couleur de notre sang. Que l'on soit Juif, chrétien ou musulman, Rouge est toujours la couleur de notre sang.

La folie des hommes est bien réelle. Dans ce pays jusqu'alors en paix, la folie meurtière et guerrière est venue, un beau matin d'automne, déchirer les peuples. Ce jour là, le temps s'est arrêté au moment où les premières maisons furent bombardées. Des cris, la bousculade, la terreur venaient de faire leurs entrées foudroyantes dans un tumulte exacerbé. Les parents se ruèrent vers l'école pour aller chercher les enfants. Quand ils arrivèrent, une nouvelle bombe plongea sur la cour de récréation, laissant après son passage la mort et l'horreur. Les parents virent alors des petits êtres mutilés, démembrés, assassinés. L'innocence n'arrête pas la folie. Drôle de début pour une guerre. On commence par assassiner les enfants, symbôle de pureté et d'avenir et par détruire l'école, vecteur de transmission de la culture et de l'histoire, de l'apprentissage de la citoyenneté.

Chacun ramassait les corps sur le sol devenu rouge du sang des petites victimes. Une femme criait et invoquait le ciel, la chaussure de son enfant dans la main. Elle cherchait son fils ou sa fille dans la masse informe d'un mélange de chair humaine. Elle fouillait cet amas de corps, y plongeant ses mains, les yeux exhorbités, son esprit était déjà parti au delà de la frontière qui mène à la folie. Un homme intervint, la tira en arrière par les cheveux. "Vous n'avez pas le droit... Vous ne pouvez pas faire ça", éructait-il. Elle se retourna, lui cracha à la face et replongea à nouveau dans la chair et le sang, remuant lambeaux de vétements, entrailles, membres, chevelures rougies et crânes.

Elle finit par trouver ce qu'elle ne voulait pas voir, ce que l'espoir exacerbé de cette mère lui interdisait d'imaginer. Elle sortit doucement le corps d'une petite fille, sa fille, sa petite fille, sa fille. Laissons les maintenant à leur intimité. Tous durent faire ce que cette femme fit. Tous allèrent chercher dans ce qu'il y a de plus horrible, les corps mutilés, entiers ou disloqués de petites filles, de petits garçons, de tous petits qui n'avaient rien demandé à personne, sauf peut-être à être aimés. L'horreur ne s'était pas arrêtée là. Le lendemain, dans un autre village, derrière le bois des "neuf collines", un groupe d'hommes armés fit iruption. C'était un dimanche à l'heure de l'office religieux. L'abbé dans son sermon appelait au retour au calme, à la dignité, à l'amour entre les hommes. Les hommes, drôle de vocable qui ne peut s'appliquer aux êtres vivants venus avec force et rage dans cette église. Ils coururent jusqu'à l'autel, se saisirent de l'abbé, l'arrosèrent d'essence. Ils lui mirent un cierge entre les mains, l'emmenèrent sous le clocher et le pendirent à la grosse corde. Dans un dernier rictus, alors que pendu par la gorge, on hissait le corps de l'abbé, il fit un signe à ces agresseurs, comme pour leur pardonner leur acte. Très vite, son corps arrêta de trembler, arrêta de bouger. Ces muscles se détendirent et ces doigts laissèrent tombés la bougie. Au contact de l'essence, la bougie sembla explosée, transformant le corps de l'abbé en une torche humaine. Le feu se propagea très vite. Les assassins sortirent rapidement de l'église, en y enfermant, hommes, femmes et enfants du village. Tous périrent par les flammes.

Horreur... L'horreur appelle l'horreur. La haîne appelle la haîne. La violence appelle la violence. La mort appelle la mort. Rien moins que ca. Les assassins d'hier seront demain l'objet d'une traque éperdue. Et peu importe que les réels coupables ne soient pas trouvés, on en trouvera bien d'autres qui feront l'affaire. On les tuera comme d'autres ont tué ceux qu'on aimait. C'est ça la guerre. La guerre, c'est lorsqu'il n'y a plus de coupable, ni d'innocent. C'est surtout quand l'innocent, celui qui n'a rien demandé à personne, celui qui vivait chez lui tranquille devient un coupable condamné avant d'être accusé. Plus de justice ou justice expéditive. C'est ça la guerre. J'aurais aimé fuire. Courir loin. Partir. Remettre ma démission au premier responsable qui se présenterait.

Trop c'était trop. Combien de temps faudra t-il encore aux hommes pour qu'ils comprennent que la vie peut être vécue autrement ? Quel est ce monde? Est-ce le nôtre ? Je ne le reconnaîs pas. Qu'est-il ? Une fourmilière où l'on mesure les déplacements humains en terme de flux, où l'homme, dans ce qu'il a de conceptuel, perd peu à peu sa valeur, où il devient une charge plutôt qu'une ressource, où il est remplaçable, escamotable, où il devient peu à peu un objet indéfini plutôt qu'un être humain. J'en avais assez qu'on puisse laisser faire sans rien dire. Laisser dire sans rien faire. Il me paraissait urgent de redonner un sens aux événements qui animent et agitent le monde en faisant de l'homme le point de gravité, le point nodal, le point autour duquel tout démarre et tout finit. Je voulais que l'humanité reparte à sa source. Je voulais qu'on efface tout et qu'on recommence. Je voulais. Je voulais. Je ne sais pas trop ce que je voulais. En fait, je rêvais au retour du printemps

Que l'on soit noir, jaune ou blanc, Rouge est toujours la couleur de notre sang. Que l'on soit Juif, chrétien ou musulman, Rouge est toujours la couleur de notre sang.

Par Patrick IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Vendredi 5 janvier 2007

Jouer petit ne sert pas le monde.



"Notre plus grande peur n’est pas que nous soyons inadéquats. Notre peur la plus profonde est que nous soyons puissants au-delà de ce qui est mesurable.


C’est notre lumière, pas notre obscurité, qui nous effraye le plus.

Nous nous demandons: qui suis-je pour être brillant, merveilleux, talentueux, fabuleux? En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être? Se rétrécir devant les autres pour qu’ils ne se sentent pas en insécurité ne fait pas preuve d’une attitude éclairée.


Nous sommes tous voués à briller, comme le sont les enfants.

 
Nous sommes nés pour manifester la gloire de la lumière qui est en nous. Ce n’est pas le sort de quel
ques uns d’entre nous, c’est le sort de tout un chacun. Et quand nous laissons notre propre lumière briller, nous donnons sans en être conscient la possibilité aux autres de faire la même chose. Quand nous sommes libérés de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres."

(texte de Marianne Willamson qui a été lu par le Président Nelson  Mandela)lors de son investiture)
Par Patrick LACHAUSSEE - Publié dans : pourdesmondessolidaires
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Mardi 2 janvier 2007

Cheres et chers amis,

Nous avions envisagé d'organiser l'Assemblée générale de l'Association le 12 janvier prochain.

De nouvelles réunions étant prévues avec les différents partenaires publics, nous préférons repousser cette assemblée générale pour être en mesure de vous apporter toutes les précisions utiles.

Vous trouverez prochainement sur ce blog, le bilan financier tel qu'il se présente aujourd'hui.

Solidairement vôtre.

 

Par Patrick LACHAUSSEE - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Mardi 2 janvier 2007
JE VOUS INVITE A SIGNER LA CHARTE DES ENFANTS DE DON QUICHOTTE
http://www.lesenfantsdedonquichotte.com

CHARTE DU CANAL ST MARTIN

POUR L’ACCES DE TOUS A UN LOGEMENT
Téléchargez la charte (pdf, 100Ko)

PREAMBULE

Nous, citoyens et citoyennes, refusons la situation inhumaine que vivent certains d’entre nous, sans domicile fixe. Nous voulons que soit mis fin à ce scandale, à la honte que cela représente pour un pays comme le nôtre.
La Constitution garantit le droit à la dignité, à des moyens convenables d’existence, et nous avons un devoir d’assistance à personne en danger.
Nous n’acceptons plus que les plus fragiles ou les plus pauvres soient laissés au bord de la route.
Il faut rompre avec les solutions provisoires, les logiques d’urgence qui aggravent la précarité et condamnent tant de personnes à une souffrance insupportable, et même certaines à une mort prématurée.
Nous demandons à l’Etat de mettre en place dès aujourd’hui une politique ambitieuse garantissant l’accès de tous à un vrai logement, à travers les mesures suivantes. Pour la dignité de tous.

ARTICLE 1:
OUVRIR LES STRUCTURES D’HEBERGEMENT 24H/24H, 365 JOURS PAR AN, ET HUMANISER LES CONDITIONS D’ACCUEIL.

Parce que certains centres d’hébergement sont inadaptés, parce que beaucoup de personnes sans domicile fixe refusent d’y aller, il faut humaniser les conditions d’accueil dans les foyers :

  • Ouverture 24H/24, 365 jours par an de tous les centres d’hébergement
  • Mise en place de locaux décents et à taille humaine
  • Accueil en chambre individuelle, ou double si désirée
  • Garantie de places accessibles pour les couples et les personnes ayant des chiens
  • Participation des personnes à la vie et l’organisation du centre
  • Renforcement de l’accompagnement social
Les locaux ne permettant pas de répondre à ces exigences doivent être fermés et remplacés par des structures adéquates. Le nombre de places doit être ajusté à la demande, pour que nul ne reste sans hébergement.

ARTICLE 2:
FINI LE RENVOI A LA RUE ! TOUT ACCUEIL EN HEBERGEMENT DOIT MENER A UNE SOLUTION STABLE

Le système actuel d’urgence porte atteinte à la dignité des personnes lorsqu’on les envoie d’hébergement en hébergement, pour des périodes arbitraires, de quelques jours, entrecoupées de passages à la rue. L’appel au 115 devrait être unique et entraîner un hébergement de la durée nécessaire! Les dispositifs comme l’accueil «7 nuits» du 115 à Paris doivent être abolis! On entretient ainsi l’errance, par une répétition de ruptures alors que tout être humain a besoin de stabilité et de liens durables.
Cette pratique, qui décourage et casse tant de personnes, ruine leur santé et les met en danger, doit cesser immédiatement.
La durée d’accueil dans un hébergement doit toujours être personnalisée et conduire à une solution durable et librement choisie.

ARTICLE 3 :
CREER IMMEDIATEMENT UNE OFFRE DE LOGEMENTS TEMPORAIRES :

En attendant la pleine application des articles 4,5 et 6, et parce que l’hébergement en hôtel, ou le maintien en foyer au-delà de la durée nécessaire, sont coûteux et inadaptés, il faut immédiatement mettre des logements à disposition de manière temporaire par :

  • la location de logements dans le parc locatif privé
  • l’application de la loi de réquisition
  • la mobilisation des logements sociaux vacants notamment ceux voués à la démolition

ARTICLE 4 :
CREER PLUS DE LOGEMENTS SOCIAUX, ACCESSIBLES AUX MENAGES LES PLUS PAUVRES

Compte tenu d’un déficit important de logements, de leur cherté, et de la saturation des hébergements temporaires, il convient de développer, plus qu’actuellement, une offre massive de logements sociaux, accessibles aux personnes et familles les plus modestes.

ARTICLE 5 :
DEVELOPPER DES FORMES ALTERNATIVES D’HABITAT

Pour certaines personnes, il convient de proposer des structures adaptées de logement, permettant de maintenir des liens sociaux et d’éviter l’isolement, tout en permettant à chacun d’avoir son propre espace personnel. Les structures de type « pension de famille » ont montré tout leur intérêt. Des projets novateurs doivent être d’avantage développés et soutenus, compte tenu de la diversité des besoins et des choix de vie (Maisons relais, auberges, auto construction, habitats semi collectifs, structures autogérées...).

ARTICLE 6 :
RENDRE LE DROIT AU LOGEMENT OPPOSABLE SUR TOUT LE TERRITOIRE

Tout citoyen ne pouvant pas se loger décemment par ses propres moyens doit pouvoir obtenir une proposition de logement, et à défaut saisir le juge.
Les pouvoirs publics doivent avoir une obligation de résultat, comme pour le droit à l’éducation et aux soins.
Il est temps de marquer une volonté politique pour prendre cette décision, et mettre en place un calendrier de mise en oeuvre.

«Si on relève toutes les personnes qui sont au plus bas, on relève tout notre peuple »

P.O, Enfant de Don Quichotte

«La lutte contre les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l'égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l'ensemble des politiques publiques de la nation. »
Art. 1.Loi no 98-657 du 29 juillet 1998 d'orientation relative à la lutte contre les exclusions

Avec le concours de membres de nombreuses associations intervenant dans les domaines du logement et de l’exclusion, qui ont bien voulu nous apporter leur expertise, et que nous remercions.

Dans l’immédiat, nous exigeons l’arrêt de toute mesure consistant à évacuer par des pressions ou la force une personne de l’abri dont elle dispose, sauf cas de danger avéré.

Les Enfants de Don Quichotte
Campement du Canal St Martin
Paris, le 25 décembre 2006

Par Patrick IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Dimanche 31 décembre 2006

LU DANS LES "Lettres à un jeune poète"  DE Rainer-Maria Rilke


Il est bon aussi d’aimer ; car l’amour est difficile. L’amour d’un être humain pour un autre, c’est peut-être l’épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c’est le plus haut témoignage de nous-même ; l’œuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations.

L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé.

C’est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu’appelle le large.

Dans la mesure où nous sommes seuls, l’amour et la mort se rapprochent.

Les exigences de cette redoutable entreprise qu’est l’amour traversant notre vie ne sont pas à la mesure de cette vie, et nous ne sommes pas de taille à y répondre dès nos premiers pas.
Mais si, à force de constance, nous acceptons de subir l’amour comme un dur apprentissage, au lieu de nous perdre aux jeux faciles et frivoles qui permettent aux hommes de se dérober à la gravité de l’existence, - alors peut-être un insensible progrès, un certain allègement pourra venir à ceux qui nous suivront, et longtemps encore après nous. Et ce serait beaucoup.
L’amour ne sera plus le commerce d’un homme et d’une femme, mais celui d’une humanité avec une autre. Plus près de l’humain, il sera infiniment délicat et plein d’égards, bon et clair dans toutes les choses qu’il noue ou dénoue.

Il sera cet amour que nous préparons, en luttant durement : deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s’inclinant l’une devant l’autre.

"lettres à un jeune poète"
Rainer-Maria Rilke
Par Patrick LACHAUSSEE - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Samedi 30 décembre 2006


C'est avec cette photo de Rémy SALAUN que je souhaite vous adresser quelques voeux pour 2007 :
Premier Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent
Deuxième Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent
Troisième Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent
Quatrième Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent
...
Centième Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent
...
Utopième Voeu : Que nos utopies les plus folles se réalisent

Mais voila, nous sommes comme ce Funambule, notre condition ne tient souvent qu'à un fil.
Soyons donc solidaires pour réunir tous nos fils et ensemble créer une corde qui sera indestructible.

BONNE ANNEE 2007
Par Patrick LACHAUSSEE aka IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Lundi 25 décembre 2006

Salut les amis,

Je vous souhaite à toutes et à tous un joyeux noël.

Sachons profiter de ces moments de fêtes.

On se retrouve très vite

 

Par Patrick IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Vendredi 22 décembre 2006

Chers Amis,

Merci aux uns et aux autres de leur réaction sur ce blog et sur d'autres en faveur du festival. Ca fait chaud au coeur  de lire ces textes. Et même, si je ne suis pas d'accord avec l'analyse de certains, je trouve très intéressant de lire les points de vue des uns et des autres.

Comme disait ma grand mère, "EXISTER, C'EST INSISTER !!!". Que signfie cette petite phrase ?

En fait, je dirai que la vie, c'est comme un marathon. A celles et ceux qui croyaient que la vie ressemblait à un 110 mètres haies ou à un "long fleuve tranquille", vous risquez d'être décus mais bon.

Comme dans un marathon, il y a ceux qui courent si vite qu'on se demande s'ils ne courent pas le 100 mètres. A l'opposé, il y a ceux qui abandonneront au bout de quelques kilomètres. Et puis, il y a ceux qui mettront 15 ou 20 heures pour arriver au bout, et même s'ils s'arrêtent 20 fois, marchent ou rampent à la fin, ils finiront, épuisés, mais ils finiront.

Je suis dans ce dernier état. Je ne suis pas ce grand athlète qui courent le marathon comme un cent mètres, c'est à dire un producteur de spectacle avec de l'argent qui déborde de ses poches. Je ne souhaite pas abandonner même si les coups portés par les détracteurs de ce projet sont durs à supporter.

Nous, les Mondes solidaires, nous avons toujours eu pour but de réussir à monter ce festival. Certes on nous reproche cette débauche de moyen. Certes !!! Mais ce reproche, s'il est justifié selon certains points de vue, mérite que toute la vérité soit dite, d'où un article précédent sur les "Conditions d'existence" d'un tel événement. En parlant ainsi, nos détracteurs ne parlent que des effets négatifs et n'évoquent pas le positif d'un festival comme celui-là. Ils alimentent également d'autres freins à cet événement.

Nous avons la conscience tranquille. Nous avons fait acte de service publiic pour diffuser la culture au plus grand nombre.

Je l'ai déjà écrit : "CREER, C'est EXISTER" et comme "EXISTER, C'est INSISTER", alors pour pouvoir continuer a créer du rêve et de l'espoir, pour cela, Nous allons continuer à INSISTER, INSISTER, INSISTER.

Patrick LACHAUSSEE

Par Patrick LACHAUSSEE aka IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Jeudi 21 décembre 2006

Mercredi dernier,  les associations « En avant la Culture » et les « Pyramides bleues » ont organisé une rencontre avec les acteurs culturels du Sud de l’Aisne ainsi que quelques journalistes et personnalités politiques locales.

 

A cette occasion, j’ai présenté le bilan du Festival et montré toutes les difficultés que nous connaissions actuellement pour relancer la machine.

 

Tous soutiennent le festival et souhaitent qu’il puisse être de nouveau organisé dans un avenir proche.

 

Je souhaite une nouvelle fois les remercier de cette initiative qui fait chaud au cœur.

MERCI, MERCI, MERCI

Par Patrick IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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Mercredi 20 décembre 2006

Un festival comme celui des mondes solidaires ne peut exister qu'aux conditions suivantes :

1 - Une qualité artistique de haut niveau :

Les festivals, comme beaucoup de choses dans notre société, sont situés dans un domaine concurrentiel extrêmement difficile. POur attirer un grand public, il faut malheureusement travailler la programmation pour que celle-ci soit éclectique, ouverte à un large public, avec des têtes d'affiches, des artistes connus ou méconnus, qui portent tous les idées défendues par notre association.

2 - Des financements :

Le budget du Festival est de l'ordre de 800.000 euros. Actuellement la participation publique au Financement de ce budget est inférieure à 14%, soit 112000 euros de subvention. Le niveau de financement public est parmi les plus bas en proportion et en montant pour les Festivals de cette catégorie.

Nous recherchons chaque année des sponsors privés pour financer une part de ce budget. D'année en année, tout festival confondu, les financements émanant d'organisations ou de sociétés sont de plus en plus difficiles à sortir. Les entreprises sont en difficulté ou préservent leurs réserves financières pour des investissements à venir. Bref, elles ne participent quasiment plus au financement de ce type d'événements à moins. Cette année, nous avons avec beaucoup de travail obtenu près de 100.000 euros de participation financière privée, soit 12,5 % du budget.

Au total nous avons donc réussi à réunir 26,5 % des besoins financiers du Festival en subventions publiques d'une part et en participations privées d'autres part.

Cela signifie aussi que nous devons nous autofinancer à 83,5 %.

Ceci explique l'augmentation des tarifsdes billets cette année. Nous y avons été contraints pour tenir compte de ce ratio de financement particulièrement défavorable. Franchement, nous aurions préféré diminuer les tarifs, et faire en sorte que les entrées soient de l'ordre 20 ou 25 euros la journée.

3 - Des innovations :

 Plusieurs innovations ont été mises en oeuvre à Fossoy et n'ont pas été réalisées ailleurs : J'en citerai deux "Les communes solidaires" et l’accueil des personnes handicapées" avec l'installation de cette piste qui leur permet de circuler partout où ils le souhaitent.

 4 - Des conditions d'accueil et de sécurité des festivaliers optimales :

De l'avis unanime, Préfecture, Gendarmerie, police, la sécurité sur le site du festival est optimale. Pour l'accueil des festivaliers, nous n'avons pas lésiné sur les moyens, sur le camping avec les installations sanitaires et concert, service de déjeuner, douche chaude...

Nous avons également modifié les parkings, les accès, l'éclairage des parkings... Nous avons mis à la disposition des festivaliers une équipe médicale renforcée, plus de personnel de sécurité, des installations de sécurité passive qui permettent de prévenir toute difficulté, notamment un réseau de communication interne particulièrement performant.

5 - Du public :

Vous avez été plus de 100.000 à venir vous amuser sur les pelouses de la ferme du ru chailly depuis 5 ans. Nous n'avons pas à rougir de ce chiffre et nous en sommes plutôt fiers. Lorsque l'on connaît des difficultés comme celle que nous rencontrons aujourd'hui, beaucoup nous critiquent, mais ces critiques sont rien par rapport à ce nous avons réussi à faire, faire venir dans notre région 70.000 personnes qui ne la connaissaient pas; Les 30.000 autres résidant dans le sud de l'Aisne.

Quel événement en Picardie peut afficher un tel palmarès !!! Nous sommes généralement modestes mais quand on entend dire ici ou là que le Festival n'a aucune renommée, Il faut bien remettre les choses à leur place. 

Le Festival est référencé par 2750 sites Internet dans le monde, chaque jour nous recevons environs un 50aine de proposition de groupe du monde entier, pour venir jouer au Festival. 1250 journalistes ont déjà couvert l'événement. Que faut-il de plus pour démontrer qu'il faut aider le festival ?

6 - Des petites mains mais des mains fortes :

420 bénévoles cette année.  Qui là encore, peut afficher une telle mobilisation malgré la pluie, le mauvais temps, la fatigue, jeunes et moins jeunes, toute classe sociale confondue étaient là fidèles à leur postes pour monter les installations, pour gérer l'accueil des festivaliers, les bars, le nettoyage du site, l'accueil des artistes, la presse... l'espace forum des associations...

Par respect pour eux et leur travail, merci de reconnaître ce fait. Respect à celles et ceux qui se mobilisent ainsi.

7 - Un état d'esprit et un projet :

Notre état d’esprit n’a pas changé. Nous sommes bénévoles mais de plus en plus, on nous demande de travailler en professionnel. Nous prenons des risques considérables sur le plan financier et sur le plan personnel, je sais de quoi je parle. Malgré cela, les difficultés actuelles nous font beaucoup souffrir car elles ne sont pas toutes de notre fait. Si nous avons fait certaines erreurs, nous les avons reconnues. Mais que la tentation de vouloir nous enterrer vivants par certains qui nous traitent de groupuscules, n’est pas supportable !!!

Le projet est là. Celui d’aider à deux objectifs, le développement de nos projets au Mali et le développement à la fois, culturel, touristique et donc économique de notre beau sud de l’Aisne.

Voilà ce que je voulais vous dire. Merci à toutes celles et à tous ceux qui nous soutiennent. Et à ceux qui ne nous soutiennent pas encore, je leur dis qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Nous organiserons l’assemblée générale de l’association le 12 janvier prochain à 20h30 à Fossoy. Merci de vous joindre à nous.

Patrick LACHAUSSEE

Par Patrick IBAN - Publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
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