Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2009
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Images aléatoires

Présentation

W3C

  • Flux RSS des articles

Texte libre

Texte libre

  • To translate this page into the language of your choice
  • Translator
Mardi 3 juillet 2007

On l'appellera M. M avait 14ans et était enceinte de neuf mois lorsque qu'elle a été condamnée à recevoir 100 coups de fouet par un tribunal de la ville de Nyala, dans le Darfour méridional, à l'ouest du Soudan, le 17 mai 2003.

 

Aux termes du Code pénal soudanais, une personne peut être déclarée coupable d'adultère sur la base du témoignage de quatre personnes, ou si elle reconnaît les faits, ou encore, lorsqu'il s'agit d'une femme, si elle est enceinte sans être mariée. Un homme d'affaires de vingt-cinq ans, mis en cause dans le cadre de cette affaire, a été acquitté en 2003, faute de preuves.

 

M a pu recourir aux services d'un avocat et a interjeté appel en mettant en avant le fait qu'elle était enceinte et n'était pas physiquement apte à supporter un tel châtiment. Son avocat a également fait valoir que le tribunal n'avait pas pris en compte l'âge de sa cliente. Le 15 octobre 2003, la Cour suprême d'el Obeid a néanmoins confirmé la sentence.

 

M ne pouvait plus interjeter appel. Malgré l'intervention d'Amnesty International, la peine a été exécutée.

Combien sont elles  ces femmes fouettées, lapidées ? Dans combien de tribunaux,  combien de décisions ?  On est loin  d'un respect des droits humains...
à l'échelle de la planète.

par Patrick IBAN publié dans : COUP DE GEULE #1
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Mardi 3 juillet 2007
Qu'est-ce que l'effet de serre naturel ?  Un phénomène indispensable à la vie

La terre reçoit toute son énergie du soleil. Seule une partie de cette énergie est absorbée par la terre et l'atmosphère ; le reste étant renvoyé vers l'espace. Avec cette énergie, la terre s'échauffe et ce grâce aux gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère, qui empêchent les rayonnements infrarouges d'être renvoyés de la terre vers l'espace.L'effet de serre, phénomène naturel, est donc la condition indispensable à la vie sur terre. Sans lui, la température de notre planète serait alors de -18°C, contre une moyenne actuelle de 15°C.


Pourquoi cet effet de serre s'accentue ? Les activités humaines rejettent des gaz à effet de serre dans l'atmosphère

L'accroissement de la concentration de gaz à effet de serre, dont certains sont très efficaces en petite quantité, retient dans l'atmosphère davantage de rayonnement infrarouge. Ce surplus artificiel d'effet de serre provoque un réchauffement du climat. Les gaz dits à effet de serre, émis par les activités humaines, intensifient ce phénomène depuis deux siècles.

D'où viennent les principaux gaz à effet de serre produits par l'homme ?

Le gaz carbonique est surtout dû à la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) par les transports, les bâtiments et à l'industrie. Le méthane provient des activités agricoles, de l'élevage, des ruminants, du riz et des décharges d'ordure. Le protoxyde d'azote vient des engrais azotés et de divers procédés chimiques. Les gaz fluorés sont essentiellement des gaz réfrigérants utilisés par les climatiseurs.

Quels sont les effets observés à ce jour et les futures caractéristiques des changements climatiques ?

Le phénomène actuel dépasse par son ampleur et sa rapidité. Le climat de la planète commence déjà à s'adapter aux émissions passées de gaz à effet de serre. Les dernières mesures indiquent une hausse de la température moyenne mondiale de l'ordre de 0,74°C depuis la fin du XIXe siècle et une élévation de 0,9°C pour la France. Le niveau moyen des mers s'est élevé au cours du 20ème siècle de 17  cm. De nombreuses régions du monde subissent davantage de précipitations. Les modèles climatiques prévoient d'ici la fin de ce siècle un réchauffement probable de la planète d'environ 1,8 à 4°C d'ici 2100, voir de 1,1°c à 6,4°c dans les cas extrêmes ; une élévation du niveau de la mer de 18 à 59 cm, une diminution de la couverture neigeuse. Une augmentation de 4°C correspondrait au même choc thermique que celui qui sépare une période glaciaire d'une interglaciaire, en 100 ans au lieu de 10 000 ! Ces changements auront des conséquences de grande ampleur sur les paysages, la vie animale et végétale, l'évolution des sols et des ressources en eau, et sur nos activités économiques ou encore sur notre santé.

Pour en savoir plus, cliquez ici
par Patrick IBAN publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 2 juillet 2007

 

« Il n'y a simplement pas d'excuse, pas d'argument acceptable pour armer des enfants ».
Mgr Desmond Tutu

Voici l'interview qu'une vieille connaissance qui se prénomme Véronique  a réalisé auprès d'un Kadogo, "un enfant soldat" que nous nommerons par la lettre "B". Agé de 16 ans et en instance d'insertion depuis environ 2 ans, B a souhaité s'exprimer dans l'anonymat.

Véronique : Bonjour B ! A te voir, je constate que tu es très jeune. Mais peux-tu me dire quel âge tu as exactement et quand tu es entré dans les Forces Armées ?
B : Bonjour madame. J'ai 16 ans aujourd'hui. Mais quand j'ai été pris, ainsi que d'autres camarades, alors que je sortais de l'école pour me rendre à la maison où je vivais avec mon père, j'avais 6  ans.
Le chemin entre l'école et la maison était un peu long; d'où, il fallait traverser une grande savane et même une petite forêt pour y arriver. C'est là où on nous a pris. Devant nous, des camions nous ont encerclés, de sorte qu'on ne pouvait pas fuir, surtout qu'ils étaient armés.

V : Où exactement as-tu été pris?
B : A BUKAVU.

V : Peux-tu me dire où tu as été amené?
B : Je ne sais pas. Nous étions dans des camions, quand nous sommes arrivés, il y avait d'autres enfants plus jeunes que moi (entre environ 6 et 8 ans) qui pleuraient leur maman; on leur ordonnait de se taire, parfois en leur pointant des armes ou en tirant en l'air pour les calmer.

V : Ces personnes armées étaient-elles des Congolaises ?
B : Là où nous étions comme dans un centre de formation, certaines oui, mais les commandements étaient donnés par nos chefs rwandais. De toute façon, au fur et à mesure du temps et de nos mouvements, il y avait une succession des chefs; c'est pourquoi d'ailleurs je comprends l'anglais, un peu du portugais, le kinyarwanda (langue parlée au Rwanda)...

V :  Si je comprends bien, ta formation a été plus ou moins longue car tu es entré à Kinshasa avec l'AFDL en 1997, alors que tu avais déjà 9 ans. Si je calcule bien, ta formation doit avoir pris 3 ans. Pendant tous ces temps, as-tu combattu ?
B : Oui, j'ai combattu à Kisangani et à Mbandaka? Avant que nous n'atteignions Kinshasa.

: As-tu tué dans ta carrière militaire, si oui, combien de personnes ?
B : Bien sûr que oui, j'ai tué. Mais je ne peux dire combien; des tas sûrement (rire). Je ne rate jamais mes cibles en général... Mais il faut dire que j'ai tué uniquement sous ordre de l'Armée.

V : Quel sentiment as-tu éprouvé en le faisant ?
B : C'était soit tuer, soit me faire tuer.

V : As-tu tué des enfants ?
B : (Silence) Non, des hommes surtout, parce qu'ils résistaient. L'on épargnait plus les femmes et les enfants. (Silence encore, comme s'il se reprochait quelque chose. Puis il lâche...) Si, j'ai tué des enfants, c'était dans la dynamique des rafales... je ne l'ai pas souhaité.

V : Tu as dû perdre beaucoup de tes amis. Cela t'as-tu peiné ?
B : Oui, mais c'est la guerre. Tant que moi j'étais en vie, c'était l'essentiel. J'ai dû manger ma sardine ouverte avec un couteau militaire, si souvent entre des corps ensanglantés pour lesquels je ne ressentais plus rien. Des fois, j'étais obligé de les achever pour ne pas les voir souffrir devant moi.

V : Qu'est-ce que cela t'a rapporté, t'a-t-on décerné une médaille ?
B : Rien, seulement, j'ai amené des gens au pouvoir. C'est vrai que j'ai versé de mon sang pour ce pays mais je n'ai rien. J'aurai mérité plus, même devenir un Colonel de notre Armée (dit-il en toussant fortement). Depuis que je suis dans l'Armée, je souffre, je n'ai rien, pas de voiture... Et qu'est-ce qu'on me dira si je raquettais des gens dans la rue pour avoir de l'argent ou des biens ? Qu'est-ce qui m'en empêche ? Mais je ne le fais pas, quoique je sois encore armé.

V : Mais vous les KADOGOS, on vous savait plutôt privilégiés non, à l'entrée de l'AFDL ?
B : J'ai eu un poste radio, deux ensembles complets de chemises et de pantalons en "jean"... Cela suffit-il ? Aujourd'hui, je ne suis qu'un mendiant. On n'a pas eu de prime de guerre; on nous les a promis sans jamais rien nous donner. Ils attendent peut-être qu'on se révolte; un jour, je crains que cela n'arrive.

V : C'est un acte de confession que tu me fais là, B. Mais je voudrais te poser une question un peu intime : as-tu connu des femmes, ou même des hommes, ou as-tu été forcé ou poussé à prendre des substances comme du chanvre ou de l'alcool ?
B : Je n'ai pas eu des contacts avec des femmes; je n'avais même pas le droit de leur adresser la parole.  Quant aux hommes, c'est une histoire qui ne concerne que moi seul.... Vous comprenez ?  J'ai pris de la bière, jamais du chanvre.

V : Avais-tu peur de la mort? As-tu quelques fois prié Dieu pendant la guerre?
B : Comment voulez-vous prié Dieu alors qu'à côté de vous les fétiches et les gris-gris étaient de la partie ? J'étais endurci après des années dans la brousse. Je n'avais plus peur de la mort.
Mais je crois que Dieu, quelque part a dû me protéger puisque je suis en vie (rire).
Mais pendant les combats, je ne croyais plus en rien du tout, ni en Dieu, moins encore en ses anges, ni même au diable... J'ai dû oublier tout ce qu'on nous enseignait jadis à l'école du dimanche.

V : Pour un militaire, un civil ne représente rien; et maintenant que bientôt tu vas te reconvertir en civil, ne te sens-tu pas quelque part diminué ?
B : Non, car je perdrai peut-être mon uniforme, mais dans ma tête, je garde mes réflexes... je demeure militaire. Devant certaines circonstances, c'est sûr que je réagirai en militaire plutôt qu'en civil, n'est-ce pas ?

V : Que comptes-tu devenir dans les années qui viennent ?
B : Je voudrais devenir un médecin.

V : Tu as dû, pour te protéger, être amené à tuer des gens dans ta vie, et aujourd'hui, ton souhait est de sauver des vies... Ne trouves-tu pas que ces deux actions sont contraires ? Déjà, dans quelle branche souhaiterais-tu exercer comme médecin ?
B : Vous savez, j'ai tiré sur des gens parce que je n'avais pas de choix. Aujourd'hui, je voudrais être chirurgien pour opérer des gens.

V : Voudras-tu te marier un jour et avoir des enfants ?
B : Bien sûr que oui, comme tout le monde; et qui sait, peut-être avec une jolie femme comme vous (rire). Mais pour cela, il me faudra des moyens.

V : Merci pour les compliments ! Si jamais tu avais des garçons, les enverrais-tu faire l'Armée?
B :  Jamais, je les protégerai.

V : Et si j'étais une fée et que j'avais le pouvoir de te ramener des années en arrière, disons si c'était à refaire, où souhaiterais-tu être en ce moment ?
B :  Dans les bras de ma mère. Elle s'est séparée de mon père peu de temps avant que je ne sois dans l'Armée.

V : Et s'il te restait quelques jours à vivre, où les passerais-tu ?
B : Avec ma mère et mes frères, s'ils sont toujours en vie. De toute façon, ma vie représente-t-elle vraiment encore une chose aujourd'hui ? Que je meurs tout de suite ou plus tard...

par Patrick IBAN publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Lundi 2 juillet 2007

 

 

 

J’ai regardé au loin.
J’ai vu quelque chose qui bougeait.
Je me suis approché.
J’ai vu un animal.
Je me suis encore approché.
J’ai vu un homme.
Je me suis encore approché.
J’ai vu que c’était mon frère.

 Fable trouvée sur le site : http://www.goodplanet.org/

par Patrick IBAN publié dans : pourdesmondessolidaires
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 2 juillet 2007

Oui, la biodiversité c’est la nature vivante, toute la nature, sur terre et sur mer, dans les villes et dans les champs, hommes et femmes compris. Avec leurs chiens, bassets ou colleys, leurs chats, persans ou de gouttière, leurs champs de blé, de riz ou de maïs.

Oui, la biodiversité c’est nous, êtres humains, cousins des chimpanzés, aussi nombreux que divers. Nous qui avons appelé biodiversité ce tissu vivant qui couvre et anime la planète, cette biosphère dont nous sommes l’un des fruits et dont nous dépendons, comme le petit enfant dépend de sa mère, la puce de son rat, la vache du paysan qui l’élève.

La biodiversité, c’est aussi, c’est surtout un réseau d’interactions et d’interdépendances entre des milliards d’êtres vivants, des dizaines de millions d’espèces. Abeilles et bourdons qui, butinant les fleurs des champs et des vergers, les pollinisent, assurant ainsi la reproduction de ces espèces et, pour nous, une riche production de fruits; bactéries, protozoaires et quantité de petits mollusques ou crustacés qui, sur terre et dans les mers, décomposent les déchets que produit la vie, dépolluant ainsi sols et eaux et contribuant à nourrir d’autres organismes, algues, plantes ou poissons.

Dans ce réseau d’interactions, les uns mangent les autres car c’est ainsi que la vie procède pour se maintenir. Mais il y a aussi de la coopération, de l’entraide entre individus et espèces. Ainsi, les récifs coralliens qui abritent une grande diversité de mollusques, de crustacés et de poissons sont eux-mêmes constitués par une association intime, une symbiose, entre des polypes, sortes de méduses, et des microalgues.

Et nous autres, êtres humains, ne sommes-nous pas une espèce sociale? Une espèce qui s’est développée grâce à son association durable avec nombre d’animaux et de plantes, grâce à cette biodiversité domestiquée à l’origine de la révolution agricole et de toute notre civilisation.

Alors, n'hésitons jamais à protéger cette biodiversité car la protéger, c'est nous protéger.

Pour en savoir plus cliquer ici

par Patrick IBAN publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 29 juin 2007

En 1974, les groupes dominants des pays riches avaient promis d’« éliminer la pauvreté » en l’an 2000. Il fallait entendre par là (et c’est encore le cas aujourd’hui) faire franchir aux individus le seuil de la pauvreté absolue, fixé à 2 dollars de revenu par jour et par personne, l’intéressé n’étant alors plus comptabilisé comme « pauvre ». A cette fin, ils s’étaient engagés à affecter 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement. Quinze ans plus tard, en 1989, les mêmes groupes annonçaient que, à la suite de la disparition de l’Union soviétique, la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle allaient se caractériser par une nouvelle ère de paix mondiale. Il n’y aurait plus besoin de gaspiller des sommes énormes pour les armements. Le monde bénéficierait des « dividendes de la paix », qui, à leur tour, faciliteraient la réalisation de l’objectif de l’éradication de la pauvreté en l’an 2000.

On sait, hélas, ce qui s’est passé : la pauvreté n’a pas été éliminée, et elle a même augmenté, notamment au cours des années 1990. En 2000, sur une population de 6 milliards d’habitants, on en comptait 2,7 milliards vivant au-dessous du seuil de pauvreté, et, parmi eux, 1,3 milliard définis comme « extrêmement pauvres » car disposant de moins d’un dollar par jour. En 2003, le nombre de pauvres a crû de 100 millions, atteignant 2,8 milliards. Si l’objectif de 1974 n’a pas été atteint, ce n’est pas qu’il était irréalisable. Les groupes dominants des pays riches et les élites au pouvoir des pays pauvres n’ont pas tenu les engagements pris. Pis, ils ont mené des politiques commerciales, financières et technologiques renforçant les causes de l’appauvrissement continu des populations déjà dans le dénuement.

En ce qui concerne la promesse de la paix, les guerres se sont multipliées, au Proche-Orient et en Afrique notamment. Après le 11-Septembre, selon les dirigeants des pays occidentaux, en premier lieu ceux des Etats-Unis, le monde est entré dans une longue phase de guerre planétaire contre le « terrorisme ». En 2003-2004, le niveau des dépenses militaires était pratiquement revenu à celui de l’époque de la guerre froide. Dans ce cas également, ce n’est pas la paix qui a été en échec, mais les conceptions du monde et les stratégies politiques poursuivies par les groupes au pouvoir, selon lesquelles faire la guerre est l’instrument le plus efficace pour construire la paix !

Bâtisseurs de paix

Devant cette double impasse, les dominants proposent aux dominés, aux pauvres et aux exclus d’accepter le caractère inévitable et « naturel » de la pauvreté et de la lutte sans merci pour la survie individuelle. Dans le cadre de la mondialisation actuelle, il n’y a pas de « nous », affirment-ils, mais une infinité de « je » en concurrence entre eux pour l’accès aux biens et aux services essentiels. Prêché depuis trente ans comme principe inspirateur et mobilisateur de la civilisation occidentale, l’évangile de la compétitivité sert désormais d’argument pour expliquer et justifier la pérennité de la pauvreté et de la guerre.

Sur la fatalité de la pauvreté, tous les groupes dominants, à quelques nuances près, sont unanimes. Les gouvernements des Etats-Unis, de la Chine, des 25 Etats membres de l’Union européenne (UE), des pays arabes, du Chili, de l’Inde, etc., de même que les Eglises catholique et protestante, les autorités de l’islam ou du bouddhisme, ainsi que de la nébuleuse des organisations non gouvernementales (ONG) qui gravitent autour des organisations onusiennes et vivent grâce à elles, ont tous accepté, en septembre 2000, la déclaration des « objectifs du Millénaire pour le développement », approuvée par le Sommet du Millénaire de l’ONU à New York. Cette déclaration affirme que le seul objectif réaliste, à une échéance opérationnelle – l’année 2015 –, est la réduction de moitié du nombre de personnes « extrêmement pauvres ». Tel est l’objectif « ambitieux » que la communauté internationale s’est donné pour répondre aux droits à la vie et à la dignité humaine des 2,8 milliards de pauvres. Les élites mondiales ont abdiqué la responsabilité politique et éthique de faire respecter ces droits. Et elles ont dit aux pauvres d’y renoncer également.

Dans le cas de la paix, l’abdication cède la place au piège. Au piège de la complicité des sociétés « libres » et « démocratiques » avec la guerre livrée contre l’ennemi commun que représenterait le « terrorisme » mondial. Et cela au nom d’une communauté de civilisation, en particulier de la civilisation de la richesse et de la consommation selon le mode de vie occidental. Les promoteurs de cette guerre justifient son caractère inévitable par l’argument selon lequel elle serait le seul instrument efficace pour mettre hors jeu tous ceux qui, animés par des fanatismes religieux et ethniques, et au nom de civilisations définies comme « perdantes », s’efforcent d’empêcher l’affirmation à travers le monde d’une civilisation définie, elle, comme « gagnante », celle de la liberté et de la démocratie « occidentales ».

Cette guerre contre l’obscurantisme aurait son épicentre dans le monde arabe et musulman. Selon les dominants, tous les pauvres de la terre auraient intérêt à s’associer à cette guerre afin d’affirmer leur droit à la liberté, à l’enrichissement individuel et à la modernité. Ce que, affirment-ils, les dirigeants chinois ont bien compris (lire La Chine bouscule l’ordre mondial). Selon cette thèse, la sauvegarde et la promotion du mode de vie des pays occidentaux, élevé au rang de symbole de la civilisation mondiale, sont dans l’intérêt de tous les peuples. Il leur faut donc combattre ceux qui mettent des obstacles à la croissance de la consommation, à la « liberté » du commerce et de la finance, à la « libre » circulation et à la fertilisation croisée des cultures, dans le cadre des règles fixées et promues par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’UE, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Anase), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), etc.

Il existe pourtant des solutions pour lutter contre la pauvreté et sortir de la guerre permanente contre le « mal ». Pendant de nombreux siècles, l’esclavage fut considéré comme un phénomène « naturel », inévitable, impossible à éliminer. Pourtant, au cours du XIXe siècle, il fut déclaré illégal, réalisant ainsi le rêve de l’égalité entre tous les êtres humains, au moins au plan de la loi. Le temps est venu de déclarer illégale la pauvreté, de la mettre au ban de la société sur la base du principe « personne n’a le droit d’être pauvre », qui a été à l’origine de la construction de l’Etat-providence. Déclarer illégale la pauvreté signifie concrètement abroger les dispositions législatives et administratives qui alimentent ses mécanismes de production et de maintien dans le monde, y compris dans les pays « développés ».

Pour l’Union européenne, par exemple, cela implique le remplacement de la stratégie dite « de Lisbonne » – « Faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde en 2010 » –, du processus de Bologne (privatisation et marchandisation de l’enseignement supérieur universitaire), de toute forme nouvelle de directive Bolkestein, etc., par des mesures privilégiant la coopération, le renforcement de l’université en tant que service public, le développement de services européens de citoyenneté...

Il ne faut pas attendre une conférence intergouvernementale pour déclarer illégale la pauvreté. L’initiative peut partir des collectivités locales. Déjà, nombre d’entre elles, à travers le monde, se sont déclarées « hors AGCS  », affirmant par avance leur opposition aux mesures de libéralisation, de privatisation et de marchandisation des biens et des services publics en cours de négociation à l’OMC, dans le cadre de cet AGCS . De nombreuses collectivités, souvent les mêmes que celles à s’être proclamées hors AGCS, se sont également déclarées « hors OGM » en refusant la culture en plein champ et l’utilisation dans l’alimentation des organismes génétiquement modifiés (OGM). Certaines se battent contre la privatisation de l’eau ou pour le non-renouvellement de sa gestion déléguée aux multinationales, pour la reconnaissance de l’accès à l’eau potable comme un droit humain (universel, donc).

C’est dire que refuser la guerre – le rêve de la paix universelle – passe avant tout par la promotion d’une économie fondée sur une série de biens communs et de services publics mondiaux. Il est urgent de reconnaître que l’air, l’eau, l’énergie solaire, les forêts, la connaissance, la biodiversité de la planète, la sécurité alimentaire, la santé, les océans, l’espace hertzien, l’éducation, la stabilité financière, la sécurité collective sont des biens et des services qui doivent être assurés par la collectivité mondiale, et sous sa responsabilité.

Pour cela, le XXIe siècle doit entrer dans l’histoire non seulement comme le siècle qui aura décidé l’illégalité de la pauvreté, mais aussi comme celui qui aura reconnu l’humanité en tant que sujet juridique et politique. Une telle proposition n’aboutira pas en quelques années, mais nul ne peut exclure qu’elle devienne réalité en l’espace d’une génération. L’enlisement des projets de réforme de l’ONU appelle une véritable mutation pour garantir la paix : passer de l’Organisation des Nations unies à l’Organisation mondiale de l’humanité. Il faudra œuvrer pour inventer une architecture politique planétaire à la hauteur de la mondialité de la condition humaine. On mesure, à cet égard, la myopie des rédacteurs du traité constitutionnel européen qui, au lieu de proposer à l’Union de se donner comme objectif de promouvoir la paix en commençant par répudier la guerre, ont inscrit (article I-41-7) la politique de sécurité et de défense communes dans le cadre de la compatibilité avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et enjoint aux Etats membres d’« améliorer progressivement leurs capacités militaires » (article I-41-3).

Il est temps de sortir des chemins de la puissance et des hégémonies impériales. Ce dont l’humanité a besoin, ce n’est pas de conquérants et d’empereurs, mais de bâtisseurs d’un vivre ensemble grâce à un contrat social mondial fondé sur l’aspiration de toute personne et de tout peuple à la dignité, à la justice, à la liberté et à la paix.

crédits photo : Stéphane L'Hôte

In english : CHANGE THE WORLD, IT'S POSSIBLE...

In 1974, the dominant groups of the rich countries had promised “to eliminate poverty” in the year 2000. It was necessary to understand by there (and it is still the case today) making cross with the individuals the absolute poverty line, fixed at 2 dollars of income per day and anybody, the interested party being then entered more like “poor”. For this purpose, they had been committed assigning 0,7% of their interior product gross (GDP) to the government aid with the development. Fifteen years later, in 1989, the same groups announced as, following the disappearance of the Soviet Union, the end of the XXe century and the beginning of XXIe century was going to be characterized by a new era of world peace.

There would not need more to waste enormous sums for the armaments. The world would profit from the “dividends of the peace”, which, in their turn, would facilitate the achievement of the objective of the eradication of poverty in the year 2000. One knows, alas, which occurred: poverty was not eliminated, and it even increased, in particular during years 1990.

In 2000, on a population of 6 billion inhabitants, one counted them 2,7 billion living below the poverty line, and, among them, 1,3 billion definite like “extremely poor” bus having less than one dollar per day. In 2003, the number of the poor grew of 100 million, reaching 2,8 billion. If the objective of 1974 were not achieved, it is not that it was unrealizable. T

The dominant groups of the rich countries and the elites with the capacity of the poor countries did not keep to the commitments taken. Worse, they followed marketing policies, financial and technological reinforcing the causes of the continuous impoverishment of the populations already in the destitution. With regard to the promise of peace, the wars multiplied, in the Middle East and in Africa in particular. After September 11, according to leaders' of the Western countries, initially those of the United States, the world entered a long phase of planetary war against “terrorism”.

In 2003-2004, the level of the military expenditure had practically returned to that of the time of the cold war. In this case also, in fact the peace was in failure, but the designs of the world and the political strategies pursued by the groups with the capacity, according to which to make the war is the most effective instrument to build peace! Builders of peace In front of this double dead end, the dominant ones propose dominated, with to the poor and with excluded to accept the inevitable and “natural” character of poverty and the fight without thank you for individual survival. Within the framework of current universalization, there is not, affirm “us” they, but an infinity of “I” in competition between them for the access to the goods and the essential services.

Preached for thirty years like inspiring and mobilizing principle of Western civilization, the Gospel of competitiveness has been used from now on as argument to explain and justify the perenniality of poverty and the war. On the fate of poverty, all the dominant groups, except for some nuances, are unanimous.

The governments of the United States, of China, of the 27 Member States of the European Union (EU), the Arab countries, of Chile, of India, etc, just as the Churches catholic and Protestant woman, the authorities of Islam or Buddhism, as of the nebula of the nongovernmental organizations (ONG) which revolves around the U.N. organizations and lives thanks to them, accepted all, in September 2000, the declaration of the “objectives of the Millenium for the development”, approved by the Summit of the Millenium of UNO in New York. This declaration affirms that the only realistic objective, in the operational term - the year 2015 -, is the reduction of half of the number of “extremely poor” people.

Such is the “ambitious” objective that the international community was given to answer the rights to the life and human dignity of the 2,8 billion the poor. The world elites abdicated the political and ethical responsibility to make respect these rights. And they told the poor to also give up it. In the case of peace, abdication yields the place to the trap. With the trap of the complicity of free” and “democratic” companies the “with the war delivered against the common enemy whom would represent world “terrorism”. And that in the name of a community of civilization, in particular of the civilization of the richness and consumption according to the Western way of life.

The promoters of this war justify his inevitable character by the argument according to which it would be the only effective instrument to put except play all those which, animated by religious and ethnic fanaticisms, and in the name of civilisation,defined as “losing”, endeavour to prevent the assertion throughout the world of a defined civilization, it, like “gaining”, that of freedom and the democracy “Western”.

This war against the obscurantism would have its epicentre in the Arab and Moslem world. According to the dominant ones, all poor of the ground would have interest to join this war in order to affirm their right to freedom, individual enrichment and modernity. What, they affirm, the Chinese leaders included/understood well (to read China hustles the world order).

According to this thesis, the safeguard and the promotion of the way of life of the Western countries, high with the row of symbol of world civilization, are in the interest of all the people. They thus should fight those which put obstacles at the growth of consumption, with the “freedom” of the trade and finance, with “free” the circulation and the cross fertilization of the cultures, within the framework of the rules fixed and promoted by the world Organization of trade (OMC), the International Monetary International Monetary Funds (the IMF), the World Bank, the EU, the world Organization of the intellectual property (OMPI), the Agreement of North-American free trade (Alena), the Association of the nations of the Southeast Asia (Anase), the New partnership for the development of Africa (Nepad), etc It are however solutions to fight against poverty and to leave the permanent war against the “evil”.

During many centuries, slavery was regarded as a phenomenon “natural”, inevitable, impossible to eliminate. However, during the XIXe century, it was declared illegal, thus carrying out the dream of the equality between all the human beings, at least in the plan of the law. Time had just declared illegal poverty, to put it at the round of applause of the company on the basis of principle “nobody does not have the right to be poor”, which was at the origin of the construction of the Welfare state.

To declare illegal poverty concretely means to repeal the legislative and administrative provisions which supply its mechanisms of production and maintenance in the world, including in the “developed” countries. For the European Union, for example, that implies the replacement of the strategy known as “of Lisbon” - “To make Europe economy of the most competitive knowledge of the world in 2010” -, process of Bologna (privatization and marchandisation of the university higher education), of any new form of directive Bolkestein, etc, by measurements privileging the co-operation, the reinforcement of the university as a public utility, the development of European services of citizenship…

One should not await an intergovernmental conference to declare illegal poverty. The initiative can leave the local communities. Already, a number of them, throughout the world, were declared “except AGCS”, affirming by advance their opposition to measurements of liberalization, privatization and marchandisation of the goods and the public services being negotiated with OMC, within the framework of this AGCS. Many communities, often the same ones as those to have proclaimed itself except AGCS, were also declared “except GMO” by refusing the culture in full field and the use in the food of the genetically modified organizations (GMO).

Some fight against privatization of the water or for the nonrenewal of its management delegated to the multinationals, for the recognition of the access to drinking water like a human right (universal, therefore). It is to say that to refuse the war - the dream of universal peace - passes above all by the promotion of an economy based on a series of common goods and public services world. It is urgent to recognize that the air, water, solar energy, the forests, knowledge, the biodiversity of planet, food safety, health, the oceans, hertzian space, education, financial stability, the collective security are goods and services which must be ensured by the world community, and under its responsibility.

For that, XXIe century must not only enter the history as the century which will have decided the illegality of poverty, but also as that which will have recognized humanity as a legal and political subject. Such a proposal will not lead in a few years, but no one cannot exclude that it becomes reality in the space of a generation.

The stagnation of the projects of reform of UNO calls a true change to guarantee peace: to pass from the United Nations to the world Organization of humanity. It will be necessary to work to invent a planetary political architecture.It is time to leave the ways of the power and imperial hegemonies. That which humanity needs, they are not conquerors and emperors, but builders of a food together thanks to a world social contract founded on the aspiration of any person and any people to dignity, justice, freedom and peace.

par Patrick IBAN publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Jeudi 28 juin 2007

La général isation des interdépendances entre les pays et les populations multiplie les questions d’intérêt commun qui exigent une coordination internationale.
Cette gouvernance mondiale connaît des évolutions majeures. De nouveaux acteurs y participent – entreprises, organ isa tions non gouvernementales, collectivités locales, communautés scientifiques – et les pays émergents y jouent déjà un rôle déterminant. Mode privilégié de règlement des questions collectives, le multilatéralisme cède du terrain, à l’exception notable de la sécurité.
Fondé sur l’environnement, l’élan de Rio – signature de la convention des Nations unies sur la diversité biologique et de celle sur les changements climatiques – s’est essoufflé, affaibli par un bilan mitigé : mise en œuvre des conventions freinée par les incidences économiques et sociales ; sujets sensibles, comme la gouvernance marine.
L’aide au développement, désormais canalisée vers les pays et les populations les plus pauvres, ne joue plus son rôle traditionnel de régulation des relations Nord-Sud. 
Accords régionaux et bilatéraux et initiatives privées, notamment l'élaboration de normes, se multiplient sans que se profile une architecture cohérente de l’ensemble. Cette fragmentation des cadres de régulation ne risque-t-elle pas de privilégier des résultats immédiats au détriment d’objectifs de long terme ? Est-elle à même de satisfaire au principe d’équité ? Peut-elle se substituer durablement à une gouvernance internationale de l'environnement qui soit multilatérale ?
 
In english : The general isation of the interdependences between the countries and the populations multiplies the questions of common interest which require an international coordination. This world governorship knows major evolutions.
New actors take part in it - companies, organ isa tions nongovernmental, local communities, scientific communities - and the emergent countries play there already a determining part. Privileged mode of payment of the collective questions, the multilateralism yields ground, except notable for safety.
Based on the environment, the dash of Rio - signature of the convention of the United Nations on biological diversity and of that on the climatic changes - was blown, weakened by a mitigated assessment: implementation of conventions slowed down by the economic and social incidences; significant subjects, like the marine governorship.
The development aid, from now on channeled towards the poorest countries and populations, does not play any more its traditional part of regulation of the North-South relations.
Regional and bilateral agreements and private initiatives, in particular the development of standards, multiply without a coherent architecture of the unit being profiled. Isn't this fragmentation of the executives of regulation likely to privilege immediate results with the detriment of objectives of long term? Is it capable to satisfy the principle of equity? Can it durably replace an international governorship of the environment which is multilateral?
par Patrick IBAN publié dans : REFLEXIONS SUR LA SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 28 juin 2007
Pourquoi une ONUE ?

A l'aube du 21ème siècle, les dégradations diffuses et irréversibles de l'environnement s'aggravent encore à un rythme alarmant. L'irresponsabilité généralisée ne rencontre à cet égard qu'une très faible mobilisation citoyenne, institutionnelle ou économique. Réchauffement climatique, marée noire, contamination radioactive et génétique, érosion de la biodiversité, déforestation massive, pollution de l'air, de l'eau, des sols… La liste bien trop longue de nos exactions ne s'allonge que grâce à l'immobilisme institutionnel et l'inconsistance des politiques environnementales menées.

Le sommet de la Terre de Johannesburg marque à ce titre un échec édifiant puisqu'il n'a accouché, à l'issu d'intenses négociations, que de résultats trop limités pour engager une rupture fondamentale. Plus de trente ans après le premier sommet planétaire révélant l'impasse à laquelle nous conduisent nos modes de vie, la reconnaissance des droits des générations futures, des principes de précaution et d'utilisation raisonnée des ressources naturelles demeurent surtout de vaines déclarations d'intention non suivies d'effets.

De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer des mesures contraignantes, seules à même de remettre en cause les logiques productivistes dominantes. Mais la primauté de l'économique sur l'environnemental rend toute mesure préventive largement aléatoire et soumise au bon vouloir d'un accord dans les enceintes de l'Organisation Mondiale du Commerce. Cette primauté prospère de l'absence de l'Organisation Mondiale de l'Environnement. A l'ONU, l'environnement est en effet victime d'un oubli historique. Alors que la santé, le travail, la culture et l'éducation, l'alimentation ou même la propriété intellectuelle possèdent chacun leur propre institution spécialisée au financement propre, l'environnement n'est doté que d'un programme subsidiaire de coordination, sans financement ni mandat adéquat, le Programme de Nations Unies pour l'Environnement. De fait, l'ONU manque d'une véritable autorité politique dédiée à l'environnement global, capable de faire contrepoids à l'OMC, capable de limiter la réification de nos vies, de la nature et de notre planète.

Fondée sur la base du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, l'OME constituerait le cadre unique des politiques de protection de l'environnement global (climat, couche d'ozone, océans, désertification, biodiversité et bientôt forêts, eau potable, ressources énergétiques, agriculture, écofiscalité, responsabilité environnementale des entreprises). Sa construction procéderait d'une réorganisation des compétences environnementales actuellement dispersées au sein d'une douzaine d'organisations internationales et de nombreux secrétariats d'accords multilatéraux sur l'environnement. Parallèlement, une certaine transversalité des politiques environnementales, inhérente à la notion de développement durable, serait conservée.

Mais contrairement aux autres institutions spécialisées de l'ONU, l'OME ne saurait être un outil technocratique éloigné des citoyens et accroissant les clivages entre le Nord et le Sud. L'éducation à l'environnement et au développement durable pour tous les citoyens mais aussi une formation spécifique pour les délégations des pays du Sud, largement marginalisées lors des négociations internationales faute de personnels qualifiés, l'organisation de conférences de citoyens sur des sujets de société, la reconnaissance du droit de pétition permettant d'engager des débats internationaux sur les problèmes environnementaux… sont autant de moyens de rapprocher cette structure des citoyens.

La gouvernance mondiale de l'environnement ne doit plus être l'affaire exclusive des Etats. La voix des citoyens, des collectivités territoriales, des ONG et des acteurs économiques du Sud doit aussi pouvoir trouver un écho dans le choix des politiques environnementales. Fidèle au principe de subsidiarité et à la formule " penser globalement, agir localement ", l'OME pourrait susciter des accords de coopération renforcée entre collectivités territoriales.

A l'échelle globale, la priorité actuelle est d'améliorer l'application effective des centaines d'accords multilatéraux sur l'environnement. Pour ce faire, l'OME doit devenir un véritable outil de prévention, acteur d'un transfert des technologies propres et assistant financier pour l'application des traités. En complément, sous son impulsion, les mécanismes d'observance des traités méritent d'être harmonisés et simplifiés. En aval, l'OME pourrait avoir la capacité de sanctionner la violation des accords multilatéraux sur l'environnement par le biais d'une Cour mondiale pour l'environnement, ouverte aux ONG.

L'OME doit faire contrepoids à l'OMC. L'intégration de l'environnement dans les compétences de l'OMC ne peut être une solution acceptable : d'une part, telle n'est pas la fonction de l'OMC et elle a déjà largement démontré ses réticences à œuvrer pour la protection de l'environnement ; d'autre part, ce serait faire l'aveu fatal que nous considérons l'environnement comme une marchandise. Face à l'OMC, à la Banque Mondiale et au FMI, le rôle de l'OME est d'affirmer et de mettre en œuvre les principes du développement durable, d'imposer clairement la primauté des règles d'environnement sur celles du commerce et de promouvoir la notion naissante de bien public mondial dans le domaine de l'environnement.

Une autre mission importante de l'OME sera celle de référence scientifique et technique dans tous les domaines de l'environnement, un lieu de rassemblement et de diffusion des connaissances et des savoir-faire.

Pour tout cela, le financement doit être un moyen et une fin. En mettant en œuvre une écotaxe permettant de décourager les pollueurs tout en développant, grâce à des réaffectations ciblées, des programmes de préservation de notre planète, l'OME oriente tout en sanctionnant prioritairement les comportements les plus polluants. Le principe de responsabilité commune mais différenciée, cher aux pays du Sud, doit trouver une traduction concrète dans le financement de l'OME.



Enfin, nul ne peut ignorer qu'un tel outil international participerait à la reconnaissance officielle de l'environnement comme élément consubstantiel à la survie de l'Humanité. Les atteintes majeures et irréversibles à l'environnement devraient donc devenir des crimes imprescriptibles et une réflexion sur l'ingérence environnementale devrait trouver un écho au sein de ce nouvel organe.

L'altermondialisation se construit par et pour les citoyens. Les mois qui viennent seront riches en événements de cette nature : du contre-G8 au FSE, 2007 sera une année pendant laquelle l'idée de l'OME doit faire son chemin pour aboutir à une réforme de la gouvernance mondiale de l'environnement.

Les signataires du présent texte se mobilisent et appellent les chefs d'Etat et de gouvernement, en particulier ceux du Sud et des Etats-Unis, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, à engager cet ambitieux chantier avec conviction. Il convient pour ce faire de convoquer rapidement une conférence internationale ad hoc rassemblant les officiels des organisations onusiennes, les représentants des pays membres de l'ONU et les acteurs de la société civile.

Gageons qu'il ne faudra plus attendre la prochaine marée noire, la prochaine catastrophe nucléaire ou un dérèglement climatique plus que probable pour agir. Notre avenir à tous en dépend !

par Patrick IBAN publié dans : PLANETE EN DANGER
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 28 juin 2007
Introduction

 

POPULATION ET DEVELOPPEMENT - UN NOUVEAU DEFI POUR LE MONDE


Dans cette rubrique, je diffuserai prochainement une série d'articles sur un sujet qui va devenir brulant dans les mois et les années qui viennent. Pour nous permettre de réfléchir au sujet et en débattre entre nous.

Aujourd'hui, les femmes représentent près de la moitié des migrants internationaux dans le monde : selon les estimations les plus fiables il y aurait 95 millions de migrantes. Cependant, malgré leurs contributions à la réduction de la pauvreté et à des économies en situation fort difficile, la communauté internationale n'a commencé que récemment à saisir l'importance de cette migration d'origine féminine dans les problèmatiques de développement. Les responsables n'ont reconnu que récemment les défis et les risques particuliers que les femmes affrontent quand elles s'aventurent en de nouveaux pays.

Chaque année, des millions de femmes occupant hors de leurs pays des millions d'emplois transfèrent des centaines de millions de dollars dans leurs foyers ou leurs communautés. Ces fonds servent à remplir des ventres affamés, à habiller et à éduquer des enfants, à fournir des soins et, de manière générale, à améliorer le niveau de vie des êtres chers qu'elles ont laissés derrière elles. Pour les pays hôtes, le travail des femmes migrantes est tellement inséré dans la trame même de la société qu'il passe pratiquement inaperçu. Les femmes migrantes peinent dans les foyers de familles laborieuses, apaisent les souffrances des malades et consolent les personnes âgées. Elles offrent leurs compétences techniques ou professionnelles, paient des impôts et rendent possible sans bruit une qualité de vie que beaucoup considèrent comme allant de soi.

Longtemps, le problème des femmes migrantes a occupé une place très modeste sur l'agenda international. Aujourd'hui, le monde a une occasion unique de remédier à cet oubli : pour la première fois, des représentants de pays du monde entier assisteront à une session de l'Assemblée générale des Nations Unies consacrée expressément à la migration. Le Dialogue de haut niveau sur la migration internationale et le développement a offert une occasion cruciale de faire en sorte que les voix des femmes migrantes soient entendues. La reconnaissance explicite des droits humains et plus particulièrement du droit des femmes et la nécessité d'instaurer l'égalité entre les sexes sont une condition préalable fondamentale de toute politique saine, équitable et efficace qui vise à gérer la migration en évitant tout désordre ou manque d'humanité.

Les avantages se font sentir de part et d'autre. Pour de nombreuses femmes, la migration ouvre les portes d'un monde nouveau qui leur apporte plus d'égalité, un soulagement à l'oppression et à la discrimination qui limitent leur liberté et atrophient leur potentiel. Pour les pays d'origine et d'accueil, la contribution des femmes migrantes peut littéralement transformer la qualité de vie. Ce dévouement, toutefois, n'est pas sans leur coûter - car la migration a aussi son côté sombre.

De l'esclavage moderne que subissent les victimes de la traite des êtres humains à l'exploitation du personnel domestique, des millions de femmes migrantes affrontent des situations dangereuses qui portent témoignage de l'absence de possibilités d'émigrer dans des conditions sûres et légales. La traite des êtres humains n'est pas seulement l'une des manifestations les plusépouvantables d'une migration "qui a mal tourné"; elle sape également la sécurité et la stabilité nationales. La faiblesse de la coopération multilatérale et l'échec à établir, appliquer et imposer des politiques et mesures conçues pour protéger les femmes migrantes de l'exploitation et des sévices ont pour conséquence que ce sont les plus vulnérables qui paieront - et quelquefois de leur vie.

La demande de femmes migrantes est plus forte que jamais et continue d'augmenter. Des obstacles inutiles et discriminatoires se combinent avec une protection insuffisante des droits humains et des droits des travailleurs et les apports financiers offerts par ses femmes ne bénéficient pas nécessairement aux familles ni aux pays - ni aux centaines de milliers de femmes exposées à des situations et sévices intolérables.

Depuis les années 90, les gouvernements ont abordé le problème de la migration internationale à diverses conférences des Nations Unies. La Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) de 1994 est la plus importante(2). Quand a sonné le dixième anniversaire de la CIPD, en 2004, le Programme d'action en constituait encore l'un des accords les plus complets entre gouvernements du monde entier qui ait jamais été établi sur la migration internationale et le développement(3). Entre autres engagements clefs, les pays ont convenu d' "étudier les causes profondes des migrations, surtout celles liées à la pauvreté"(4), et de "s'efforcer de donner à chacun des raisons de rester dans son propre pays"(5). Depuis lors, la communauté mondiale s'est rassemblée autour des objectifs du Millénaire pour le développement. En 2000, les chefs d'État et de gouvernement ont pris l'engagement unanime de "reléguer la pauvreté" et de mettre fin à la discrimination sexuelle. Or, il faut bien dire qu'on en est loin.

Les communications et les transports ont permis à beaucoup de jouir d'une liberté de mouvement plus grande que jamais auparavant. Mais personne ne devrait être contraint d'émigrer à cause de l'inégalité, de l'exclusion ou de la limitation des choix offerts dans le pays d'origine. Tandis que les gouvernements et les experts débattent de la meilleure manière de gérer la migration, il ne faut pas oublier que les migrants sont d'abord et avant tout des êtres humains. Une gestion équitable de la migration implique que les mesures adoptées ne doivent pas pénaliser encore davantage les plus vulnérables, qui affrontent déjà une inégalité systématique. Ce sont en premier lieu les migrants à faible revenu et les femmes migrantes. De plus en plus, la migration suit une trajectoire déplaisante, qui se modèle sur le côté négatif de la mondialisation et qui exacerbe les inégalités préexistantes. Tandis qu'une élite d'individus hautement qualifiés profite sans cesse davantage des bénéfices de la migration, les obstacles opposés aux migrants pauvres deviennent sans cesse plus insurmontables.

L'immigration et le développement vont de pair. Les investissements accrus dans la réduction de la pauvreté, l'égalité des sexes et le développement - notamment le respect par les pays donateurs de leurs engagements en matière d'aide publique au développement (APD) - font partie intégrante des efforts visant à instaurer un régime de migration plus ordonné. Ces efforts sont indispensables pour réduire l'écart entre riches et pauvres et pour étendre à tous des perspectives d'avenir - notamment aux femmes, qui dans trop de pays n'ont pas un accès égal aux possibilités de s'assurer des moyens de subsistance. Il est essentiel d'élaborer de saines politiques d'immigration qui répondent aux intérêts économiques tout en préservant les droits humains et l'égalité des sexes. En même temps, elles aident à écarter les obstacles superflus à la mobilité qui peuvent aboutir à sacrifier la dignité humaine et des vies humaines, comme il arrive effectivement.

Les pays souverains ont le droit de contrôler l'immigration et de décourager l'entrée illégale sur leur territoire. Cela ne constitue pourtant qu'un aspect de toute politique globale et ne doit pas retenir exclusivement l'attention(8). Davantage de pays reconnaissent aujourd'hui la nécessité de gérer la migration au lieu de la limiter, et c'est là un fait nouveau positif(9).

Les femmes émigrent et continueront d'émigrer. Elles ont des besoins urgents qui méritent une attention prioritaire. C'est alors seulement que les avantages de la migration internationale seront exploités au maximum et ses risques réduits au minimum. Les femmes migrantes comptent parmi les êtres les plus vulnérables aux violations des droits humains - à la fois comme migrantes et comme femmes. Leur dur travail mérite d'être reconnu et leurs droits humains, d'être protégés. Leurs voix doivent être entendues. En faisant preuve de vision et en montrant la voie, on peut aider à détourner les débats publics d'un appétit réactionnaire pour le sensationnel et d'une attention excessive à l'"altérité" au profit de la reconnaissance de notre humanité commune, qui nous unit tous dans un monde où les frontières sont de plus en plus invisibles(10).

par Patrick IBAN publié dans : POPULATION ET DEVELOPPEMENT
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 28 juin 2007

Le 14 février dernier, plus de 80 législateurs et responsables des 20 plus grands pays consommateurs d'énergie se sont réunis à Washington

Après la large diffusion du film de AL GORE et le dépôt du rapport du GIEC à Paris, l’existence de l’effet de serre et ses conséquences sont largement admises. La communauté internationale se décide enfin à agir compte tenu des risques économiques prévisibles dus à la détérioration de l’environnement. Les États doivent agir pour relever le défi consistant à maintenir la croissance tout en réduisant le carbone.

L'Europe, les États-Unis, l'Inde, la Chine et 22 autres grands pays émetteurs de CO2 doivent « agir ensemble » pour tenter de venir à bout de ce problème. « Cela revient à reconnaître ce que fait tout le monde et agir ensemble » (STERN).

Le rapport Stern, déposé en octobre dernier, fait une première analyse exhaustive de l'impact économique potentiel du changement climatique et souligne les avantages économiques d’une action pour éviter l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Si, au cours des deux prochaines décennies, les pays n'agissent pas pour arrêter l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, les coûts et les risques globaux liés au changement climatique équivaudraient à la perte d'au moins 5 % du PIB par an. En revanche, une intervention immédiate coûterait à peu près 1 % du PIB mondial chaque année.

Il souligne, d’autre part, que les populations pauvres des pays en développement seraient les plus touchées par des problèmes tels que la sècheresse, les inondations, les ouragans ou l'élévation du niveau de la mer qui empireront sans doute considérablement pendant la deuxième moitié de ce siècle et durant le siècle suivant, à mesure que la planète continue de se réchauffer et que fond la glace polaire.

Cela entraînera de grandes migrations des populations. En effet, un nouveau rapport de la Banque mondiale estime qu'une élévation d'un mètre du niveau de la mer transformerait au moins 60 millions d'habitants de pays en développement, en réfugiés environnementaux.

Monsieur STERN s’appuie sur la Banque Mondiale et le FMI qui disposent d’atouts efficaces, ainsi que l'ensemble des organismes, ministères travaillant dans le domaine de  l’aide au développement, pour monter ce qui peut être fait en matière d'adaptation et de réduction des émissions de carbone grâce à des types appropriés d'investissements et d'activités économiques et aider, ainsi à mettre en place des structures incitatives adaptées.

C'est à nou